Voici la première photo de classe de Gehée qui est publiée sur le blog. C'est la première d'une longue série. Il s'agit du groupe de filles
classe de Me Méry , date 1911. Deux élèves sont identifiées. Madame Méry pose sa main gauche sur l'épaule de Louise BODIN et Jeanne BODIN (la narratrice des souvenirs déjà publiés) est au dernier
rang, la première en partant de la gauche.
Si vous reconnaissez un des élèves, cliquez sur "ajouter un commentaire" sous l'article et donnez-moi son nom, son rang et sa position en partant de la gauche. Il faudra procéder ainsi pour
toutes les photos à venir. Vous pouvez voir la photo en plein écran en cliquant dessus et l'agrandir en cliquant à nouveau. Bonne découverte et à vos commentaires...
Suite et fin des souvenirs scolaires de Jeanne BODIN :
"L’histoire de France
On ne l’apprenait qu’en deuxième division, mais je lisais le livre de mon frère et écoutais la maîtresse lorsqu’elle faisait la leçon
aux autres. Une des grandes ne sachant répondre, la maîtresse lui dit:
- « Je vais te faire honte, Jeanne sait sûrement mieux que toi. »
C’était la célèbre réplique qu’avait fait Mirabeau au Marquis de Dreux Brézé. Je ne savais pas ce qu’était la volonté du peuple, ni la force des
baïonnettes mais je répondis bien.
Je ne sais si ma camarade eut honte mais je fus très fière.
L ’année suivante, lors de la composition d’histoire, la première question portait sur la réponse de Mirabeau au serment du jeu de
paume. Impossible de me rappeler. Je laissais la place libre et répondis aux autres questions.
Au moment de ramasser les cahiers je me rappelais soudain du peuple et des baïonnettes, mais il était trop tard. ( je ne savais toujours pas ce que cela
voulait dire.)
Le lundi, à l’arrivée en classe, j’étais sûre d’être grondée, j’étais toujours première en histoire. La maîtresse me fit appeler, me
posa la question, et je répondis. Elle éclata de rire, moi aussi.
Jamais madame Méry, âgée, ne riait, à peine si elle souriait. Elle me nota mes trois autres questions, et, malgré mon trou
de mémoire, je restais la première.
Les sabots dans la cheminée
Chaque année à Noël, comme tous les enfants, nous mettions nos sabots dans la cheminée. Ma mère se privait du nécessaire pour nous
mettre quelques petites choses : une orange, une pipe en sucre rouge, un sac de bonbons mélangés pour nous quatre. Cela nous faisait plaisir et nous suffisait.
Jusqu’au jour où j’allai à l’école.
Le jour de la rentrée des vacances, la maîtresse prenait plaisir à demander aux petites ce qu’elles avaient eu. Et chacune
annonçait des tas de choses, friandises, jouets, qui pourtant très simples me paraissaient importants. J’en étais peinée. Pourquoi le père Noël nous donnait si peu à nous qui avions le moins.
J’en étais humiliée.
La deuxième année, j’énumérais chaque chose mais je le fis de telle façon que l’unique orange devint plusieurs, les friandises étaient
multipliées. J’en rajoutais encore, si bien que j’entendis de la part de la maîtresse, devant toute la classe, cette phrase qui me faisait tant de mal:
- « On ne dirait pas que la commune vous donne du pain »!
J’étais très bonne en classe tout en étant nulle en orthographe et en dessin. La maîtresse était très embarrassée de moi. Je ne
faisais plus rien en deuxième division mais j’écrivais mal, je cousais mal, dessinais plus mal encore et mes dictées contenaient autant de fautes que de mots.
Un jour, je fis juste un problème de certificat d’études sur les fractions que nous n’avions pas encore apprises. Je travaillais seule
sur le livre de mon frère.
De nouveau, la maîtresse me dit:
- « Prends tes cliques et tes claques et va-t-en là-bas. J’étais en première division!"
Les souvenirs de Jeanne BODIN sont très précis et rendent bien compte de l'ambiance des écoles communales au début du XXème siècle. C'est grâce à ces souvenirs et à une photo de classe
qui a été publiée avec, que j'ai eu envie de retrouver un maximum de photos de classe de Gehée. La collecte a été fructueuse. Je vais prochainement les publier une par une avec quand je les
connais les noms des élèves. Tous les internautes qui reconnaitront des élèves seront bien sûr invités à en donner le nom en commentaire. A venir, la première photo, celle de 1908 avec la fameuse
Me Méry.
Derniers Commentaires