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Transmettez moi vos données pour les publier: nouvelle idée suggérée par Daniel Giron. sauvegardons le paysage actuel de la commune. Transmettez vos photos des
différents paysages et hameaux de la commune pour constituer un nouvel album.
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"C’était la fête du village. On l’appelait l’assemblée. En effet, elle rassemblait fermiers et domestiques de ferme pour la louée et avait lieu le dimanche précédant la saint Jean
( 24 juin.) Mon frère et ma sœur s’y louaient, plus tard ce fut mon tour.
Maman eut bien voulu rester chez nous, nous étions tous là, c’était le seul jour de congé pour les domestiques. Souvent, nos cousins venaient
déjeuner avec nous. Elle préparait le repas et repartait au café du bourg pour laver les verres. Elle ne pouvait faire autrement. De plus, c’était une très bonne maison où elle faisait la
lessive. La patronne était bonne et douce, ce qui était rare.
Louise et moi nous étions toute la journée et jusque très tard le soir à faire les cent pas sur la place autour du manège, des
loteries, du marchand de berlingots et de mirlitons. Maman n’avait pas d’argent à nous donner. Nos marraines respectives, nos cousins et nos voisins nous offraient à tour de rôle, qui un tour de
manège, qui des bonbons.
Mais les chevaux de bois étaient bien plus beaux la nuit avec les lumières. Nos aînés, qui avaient touché leur pièce de louage l’avaient gardée à cet effet et se
faisaient un plaisir de nous payer des tours de manège. Ils étaient aussi heureux que nous. Ils ne nous voyaient pas souvent et ce jour là ils nous gâtaient.
Le lendemain la maîtresse nous demandait si nous avions passé une bonne journée. Lorsque je racontais ce que j’avais fait, elle me reprochait une fois de plus
le pain que nous donnait la commune. J’en souffrais beaucoup. Maman était si économe! Ces joies nous étaient offertes par des amis et d’entendre si souvent cette phrase gâtait le plaisir d’avoir
quelque chose."
Voici une CPA prise un jour d'assemblée. On y reconnait les parquets montés pour l'occasion. A vos commentaires.

En bas de gauche a droite
Merci à Dominique BRISSON d'avoir fouillé dans ses archives et d'avoir transmis cette photo. A vos commentaires.
"Gehée, le 8 Novembre 1835
Monsieur le Préfet,
C’est avec les larmes aux yeux que vous mande que
Mr le maire vient de me faire aller à la mairie pour me
dire que je n’aurois point d’eau à la cure avant d’avoir
consenti à la vente du pré de la cure et restitué au préalable
40 f par an depuis qu’il est maire comme valeur de l’herbe
que j’y ai fauché pendant ce laps de temps, quoiqu’il sache
que ce petit pré qui avec le reste du jardin de la cure contenant
en tout un demi-arpent n’ayant point été vendu à l’époque
de la révolution de 93 a été vendu à sa première estimation
et que tous mes prédecesseurs en ayant paisiblement joui. Il
sait encore que quand il a voulu faire vendre ce prés,
la fabrique s’y est formellement opposé par sa délibération
du 10 Juin 1832. Me voilà donc Mr le Préfet dépourvu
d’eau à la cure et obligé comme je vous l’ai déjà
mandé d’en envoyer chercher très loing du Bourg par
un homme, ma domestique préférant sortir de chez moi
si je l’obligois à y aller. Si je n’étois ennemi de la
délation, je vous dirois des choses désagréables sur le compte
de quelque administrateur influent de la commune ; mais malgré
mon émotion et les expressions réitérées de restitution de la part de
monsieur le maire je préfère me taire en vous priant d’avoir la
bonté d’aviser aux moyens de me faire avoir de l’eau pour
l’usage de la cure et c’est dans cette espérance que j’ai l’honneur
d’être avec un profond respect vostre très soumis et très humble serviteur
Clément Curé de Gehée"
Voici l'original de la lettre (AD 24J944). Cliquez dessus pour la visualiser en plein écran. A vos commentaires...
Voici une gravure retrouvée aux archives départementales représentant une coupe transversale de l'église de gehée en 1861. Ce dessin réalisé par l'architecte de l'arrondissement de Châteauroux a servi pour les nombreuses rénovations de l'église au XIXème siècle. On reconnaît bien l'architecture romane de l'église. Cet aspect, aujourd'hui disparu, a été remplacé à la fin du XIXème par un plafond à la façon gothique. Cliquez sur les images pour les voir en plein écran.

L'intérieur de l'église de type gothique de nos jours, avec portail et ouvertures de type roman.
Voici quelques lignes extraites du recueil de souvenirs de Jeanne BODIN :
"La commune nous donnait du pain. Combien de fois nous l’a-t-on reproché!Les châtelains du pays nous donnaient notre logement en échange de travail à faire au cimetière, du
lait payé directement à la ferme et du pain chez le boulanger. Mais les bons de viande qui devaient êtres honorés par le boucher du pays étaient distribués par monsieur le curé à son
gré.
Je devais aller les chercher au presbytère. La mère du curé m’ouvrait et me disait: « que veux-tu mon “fi”? Elle appelait tout le monde ainsi. Le surnom lui resta. Pendant que son fils, non sans maugréer allait les chercher, je restais dans la cuisine si claire, si ordonnée à regarder les cuivres briller, j’aurais voulu n’en jamais partir.
Les bons étaient ronds pour une livre de viande et carrés pour une demi-livre. Maman portait ceux-ci au boucher et les échangeait contre du lard à faire fondre qui servait pour la
soupe frite et quelque modeste cuisine. Et nous avions les rillons à manger, ce qui était pour nous un régal. Quelquefois le boucher nous offrait un peu de boudin
disant: « C’est pour les petites »! Que nous étions contentes alors.
Dans la cour du presbytère se trouvait un splendide sapin entouré d’un parterre de fleurs. J’aurais aimé le regarder plus longuement lorsque j’y allais.
Lorsque j’appris le départ de monsieur le curé, je savais que le mur serait abattu. J’étais contente, ainsi je pourrais admirer le sapin. Ce ne fut pas le cas. Lorsque plus tard je rentrais
du domaine où je travaillais, je passais devant le sapin, ne le regardais même pas. Sans le mur, il avait perdu tout son mystère."
Commentaire parfait de la photo de Robert Fineau montrant le presbytère tel qu'il était à l'époque :
Le mur est abattu, le sapin est toujours là





