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Lecture d'archives

Jeudi 18 octobre 2007

Voici racontée la mort du sieur Estienne Poupineau assassiné d'un coup de fusil en 1692. Tout d'abord racontée par le curé Pournin de Jeu Maloches dans les archives paroissiales, la levée de corps d'Estienne Poupineau. Le prêtre raconte sommairement les circonstances de la mort et quelques éléments de "médecine légale" :

"Le cinquième jour de février, mil six cent quatre vingt douze , à la prière et réquisition qui nous a esté fait par Silvain Gignain, journalier demeurant au village de Plaineffs, paroisse de Gée, de venir lever le corps d'Estienne Poupineau, mort d'un coup de fusil. Nous estant transporté, en compagnie de Nicolas Mersier, nostre sachristain et de Jacques Gaudin, domestique et Louis Fineau, maréchal de forge, tous demeurant en cette paroisse ; en estant en nos habits d'Eglise, la croix levée, avons trouvé le dit Poupineau mort ; et nous estant informé à Silvain Chartier, Claude Briault, Pierre Rabier, Silvain Beauvard, tous demeurant dans la paroisse de Gée, de quelle manière ledit Poupineau avait esté trouvé mort, lesquels nous ont dit qu'il avait esté tué, du jour d'hier, retournant de la foire d'Ycueillé, par des gens inconnus et qu'il était tombé tout mort ; lesquels ont déclaré les connaître et ont dit estre des soldats de Monsieur de la Pornerie ; ce que nous ayant esté certifié, l'avons visité en présence des susdits et avons reconnu que le coup de fusil luy avait esté donné par les reins et l'avait percé de jour à jour ; ensuite avons chanté les prières ordinaires qui se chantent aux convois des morts, puis l'avons fait mettre dans une charrette pour le conduire à l'église de Jeu, et luy donner la sépulture ecclésiastique, comme ayant vécu, durant sa vie, en bon chrétien. En estant en chemin, avons fait rencontre de la vénérable personne Messire Gilles Depont, prestre, curé de Gée. Lequel nous a dit et déclaré que ledit Poupineau estait son paroissien et qu'il nous priait de luy laisser conduire en sa paroisse pour luy donner la sépulture ecclésiastique ; ce que nous luy avons accordé, après avoir conduit ledit Poupineau en ce bourg et avons chanté les psaumes ordinaires.

Signé : POURNIN, curé de Jeu-Maloches"

Nous retrouvons dans les archives de Gehée, la version du curé Depont de cette paroisse cf acte ci dessous:
"Le cinq février mil six cent quatre vingt douze a été inhumé par moy curé sousigné dans le cimetière de Jeu Maloche Etienne poupineau gendre de Jean beauiard demeurant à plenef lequel poupineau avait été tué d'un coup de fusil le jour précédant au lieu appellé la barrière Jolly parroisse de Jeu Maloche en retournant de la foire d'Ecueillé, il fut levé du dit lieu par le sieur Prieur de Jeu Maloche et conduit en son Eglise la croix levée chantant tel prière qu'on a coutume de chanter pour les Morts. Il y fut inhumé par mon consentement et celuy des parents l'incommodité du temps ne permettant pas qu'on le portat en ce lieu. l'acte qui y fut fait par le sieur prieur
et signé par nous et autres. Depond curé de Gehee."

Au final difficile de dire où a été inhumé le dit Poupineau à Jeu selon le curé de Gehée et à Gehée selon le curé de Jeu ????  Cliquez sur l'acte ci-dessous pour le visualiser en plein écran.

DSCN5310.JPG

Par Richard Gouron
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Dimanche 11 novembre 2007
Le 20/07/1698, il y eut à Gehée un violent orage meurtrier. Un de mes lointains ancêtres est mort foudroyé ce jour là. Le Curé Depond raconte dans les registres paroissiaux les circonstances du drame :
"Le dimanche vingtième jour de juillet mil six cent quatre vingt
dix huit, il fit pendant toute la journée de grands tonners et sur les
quatre heures du soir lorage continuant touiours Mre Gabriel Delys
fermier de la Chesnerie, retournant du Moulin de Gehee en son
Logis avec Joan nivet Journaillier demeurant a la bars, il fut tué
d’un coup de tonners a la veue de Jeanne adion son epouse de
françois Charbonnier Journaillier de françois Menu et de léon
Menu Masons du paie de limousin et de plusieurs autres qui estoit
De compagnie, que le dit Sieur Delys venoit de quitter si n’estoit
Elloigné deux que d environ quinze pas lorsque le coup de
tonners donna ils ne virent qu’une grande flamme de feu
qui les epouvanta grandement et en l’instant virent tomber
Le dit Delys ou ils coururent au plus vite pour le soulager
Cependant il ne le virent jamais grouher ny remuer autant
Les Membres il avoit seulement la bouche ouverte qui étoit
toute jaune dans le dedans… le dit nivet qui l’accompagnait
n’eut aucun mal qu’un grand ettourdissement ayant beaucoup
de peinne à le soutenir croyant ettre tout brisé
on ne recanqnut aucune blessure à son corps…le lendemain
ayant été visité par plusieurs personnes et le
vingt un du dit moys son corps fut inhumé dans
l’Eglise prés les Grandes portes sur les six heures du soir
par Mre Jean Théret Chanoinne Dantresgues en l absance
de Moy Curé Sousigné et présence de Mre Louis delys
huissier Royal frère du déffunt Delys et de Mre Louis
Gallaye Cabarretier son beaupère de Pierre gallaye son beaufrère
et de plusieurs autres parents et amis qui ont déclaré
ne savoir signer et ensemble les denommés dans le procès
verbal de la mort du dit deffunt sedessus écrit, par les sousignés
Ledit deffunt Ettoit agé de quarante ans ou environ
fait le Jour que dessus                            Depond Curé "

Voici le document original, cliquez dessus pour l'agrandir. A vos commentaires.
 

acte-Delys.jpg

Par Richard Gouron
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Dimanche 2 décembre 2007
L'histoire de Don Camillo aurait-elle été écrite d'après une histoire vraie s'étant déroulée à Gehée ? L'ambiance entre la municipalité et le curé en 1835 ne semblait effectivement pas excellente. En voici pour preuve, une lettre que le curé Clément adresse au préfet en désespoir de cause :

"Gehée, le 8 Novembre 1835

 
                                               Monsieur le Préfet,

 

C’est avec les larmes aux yeux que vous mande que

Mr le maire vient de me faire aller à la mairie pour me

dire que je n’aurois point d’eau à la cure avant d’avoir

consenti à la vente du pré de la cure et restitué au préalable

40 f par an depuis qu’il est maire comme valeur de l’herbe

que j’y ai fauché pendant ce laps de temps, quoiqu’il sache

que ce petit pré qui avec le reste du jardin de la cure contenant

en tout un demi-arpent n’ayant point été vendu à l’époque

de la révolution de 93 a été vendu à sa première estimation

et que tous mes prédecesseurs en ayant paisiblement joui. Il

sait encore que quand il a voulu faire vendre ce prés,

la fabrique s’y est formellement opposé par sa délibération

du 10 Juin 1832. Me voilà donc Mr le Préfet dépourvu

d’eau à la cure et obligé comme je vous l’ai déjà

mandé d’en envoyer chercher très loing du Bourg par

un homme, ma domestique préférant sortir de chez moi

si je l’obligois à y aller. Si je n’étois ennemi de la

délation, je vous dirois des choses désagréables sur le compte

de quelque administrateur influent de la commune ; mais malgré

mon émotion et les expressions réitérées de restitution de la part de

monsieur le maire je préfère me taire en vous priant d’avoir la

bonté d’aviser aux moyens de me faire avoir de l’eau pour

l’usage de la cure et c’est dans cette espérance que j’ai l’honneur

d’être avec un profond respect vostre très soumis et très humble serviteur

            Clément Curé de Gehée"

Voici l'original de la lettre (AD 24J944). Cliquez dessus pour la visualiser en plein écran. A vos commentaires...

 

Par Richard Gouron
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Mercredi 26 décembre 2007
Voici  encore un drame retrouvé dans les archives paroissiales de la commune : il s'agit du décès de Simon Chaudron le 30 Juillet 1708 relaté par ce même curé Depont qui nous a déjà conté tant de malheurs...:

 "Le trente Juillet 1708, Simon Chaudron, en son vivant maréchal, âgé de 92 ans ou environ  est mort par accident au lieu appelé la Fondrière près de ce bourg en conduisant une charrette dans le clupeau dans laquelle était le dit Simon Chaudron. Le cheval ayant eu peur fit renverser la dite charrette qui le coinça et mourut à l’instant par le moyen d’un rollon qui lui entra jusque dans les entrailles.
Cet accident a été reçu par Me. Louys Delys huissier Royal, par Me. Pierre Pineau maréchal, Thomas Loppé, René Depond maréchal, Jacques Brethon Tessier en toile, tous témoins de cet accident féroce et habitant demeurant ce bourg.
Et le lendemain dernier jour du présent mois et an que dessus, a été inhumé dans notre cimetière par moi curé soussigné. En présence des dits témoins ci-dessus et de leurs parents et amis, lesquels témoins, parents et amis ont déclaré ne savoir signer le dit document.

Signé Depond, curé de Géhée."
Merci à Jean-Noël MAUDUIT  d'avoir retrouvé et transmis ce document.  Pour visualiser l'acte en plein écran, cliquez sur l'image. A vos commentaires...

Par Richard Gouron
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